Compte rendu de la journée mondiale de lutte contre la pauvreté
La pauvreté ne cesse d’augmenter, 18,9% des Belges présentent un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (AROPE). En 2020, 4.622.000 Belges étaient dans l’incapacité d’épargner pendant un mois typique, soit 40,8% de la population. 32,8% des Belges pouvaient tout juste joindre les deux bouts avec leur revenu mensuel, 6,1% ont dû avoir recours à des économies disponibles et 1,9% a dû emprunter de l’argent (Statbel, 2021).
Ces chiffres montrent le besoin et l’importance de la journée mondiale de lutte contre la pauvreté. Les différents réseaux de lutte contre la pauvreté réunis au sein du Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) ont organisé diverses activités dans toute la Belgique avec des personnes en situation de pauvreté. Le Réseau belge de lutte contre la pauvreté (BAPN) a participé à de nombreuses actions en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie. Nous avons également organisé nos propres activités et voici un rapport.
Pour rappel, BAPN a pour objectif de lutter contre les causes structurelles de la pauvreté et de l’exclusion sociale à travers toute la Belgique et aussi dans les politiques européennes. Pour ce faire, elle s'appuie sur les expériences des personnes vivant dans la pauvreté et cherche des solutions avec elles. BAPN représente les réseaux suivants: Netwerk tegen Armoede (NTA), le Réseau de Lutte contre la Pauvreté (RWLP), le Forum – Bruxelles contre les Inégalités (Le Forum) Brussels Platform Armoede (BPA), le Réseau de Lutte contre la Pauvreté (RWLP), le Forum – Bruxelles contre les Inégalités (Le Forum) Brussels Platform Armoede (BPA). BAPN est également membre du Réseau Européen de Lutte contre la Pauvreté (EAPN). Chaque organisation a organisé des mobilisations dans les différentes régions.
Au sein de notre organisation, un nouveau rapport sur le Projet individualisé d’intégration sociale est sorti à l’occasion du 17 octobre: “Le PIIS : un outil de sanction plus qu’un outil d'accompagnement". Bien que le revenu d'intégration soit le dernier filet de sécurité, les demandeur.se.s du revenu d'intégration doivent signer un contrat, le PIIS. Dans le cadre de ce contrat, de nombreuses conditions (parfois impossibles) sont imposées, les personnes sont contrôlées et peuvent même perdre leur revenu d'intégration pendant une certaine période en raison de sanctions. De plus, le PIIS complique la relation avec l'assistant.e social.e et fait obstacle à un véritable accompagnement.
« Je savais que si je ne réussissais pas à l'école, je perdrais mon revenu pendant un certain temps. C'est pourquoi je voulais faire des économies, mais j' avais si peu que le seul moyen était de m'affamer. Et à cause de ça, je n'avais pas assez d'énergie pour étudier. » (témoignage d'une personne avec un PIIS)
Lisez ici le rapport : https://bapn.be/storage/app/media/BPN%20001-20%20Rapport%20PIIS_v2.pdf
Caroline Van der Hoeven, coordinatrice du Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté a pu parler des problèmes que rencontrent ces personnes avec le PIIS dans l'émission 'Libre Ensemble'. Avec également, L. Noel sur la problématique du non-recours aux droits et M.Hanse pour aborder la précarité énergétique.
Regardez ici l’interview : https://www.laicite.be/emission/journee-mondiale-de-lutte-contre-pauvrete/?fbclid=IwAR1hVTZP91sLiXeYyvnIhhtuYrFdXu15NF2FGZGIKo4IzZ0r4w-MaEMAR0A).
Dans le cadre du travail européen, en tant que membre d'EAPN (le réseau européen de lutte contre la pauvreté), BAPN a également publié le Poverty Watch. Ce rapport, rédigé par tous les membres nationaux d'EAPN en Europe, décrit la situation nationale et les tendances en matière de pauvreté dans chaque pays. Le Poverty Watch de BAPN présente les dernières tendances en matière de pauvreté et d'inégalité en Belgique à travers une perspective de genre.
Consultez ici la campagne du 17/10 d’EAPN: https://www.eapn.eu/17-10/
Lisez ici le Poverty Watch de BAPN: https://bapn.be/storage/app/media/Poverty%20watch_BAPN_2021.pdf
Wallonie: la suppression du statut de cohabitant
Les activités et actions se sont réparties sur cinq lieux différents à Namur, convergeant tout au long de la journée dans l’objectif de la suppression du statut de cohabitant.
« Le statut de cohabitant aggrave la pauvreté puisque les personnes sous ce statut perdent une partie de l’allocation qui émane de la sécurité sociale ou du CPAS qui est déjà inférieure au seuil de pauvreté ou qui flirte avec lui”, analyse la secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, Christine Mahy

La matinée a débuté au cinéma Caméo par la projection du film documentaire “S’appauvrir”, de Yves Dorme, qui a mis en lumière les appauvrissements générés par la crise covid. Pierre Frédéric Nyns, président de l’UCM, Sandrine Xhauflaire, conseillère de la Fédération des CPAS et Gaëlle Peters, coordinatrice du 1718, numéro d’appel pour les urgences sociales, étaient présent.e.s pour un débat avec la salle. Dans l’après-midi, animations créées par les témoins du vécu militants, prises de paroles théâtrales, compositions musicales des militants, expositions et ateliers-débats, conférence gesticulée ou encore lectures de slam ont mis en avant les injustices multiples et diverses que le statut cohabitant génère, et mis en avant l’importance du rôle que joue un système solidaire et protecteur de sécurité sociale. Au Cinex, aux Abattoirs de Bomel, au théâtre Jardin Passions ou à la Casserole, des espaces d’engagement et de culture namurois se sont mis au diapason de la lutte contre les inégalités.
La journée s’est achevée en poésie et en beauté artistique par une exposition lumineuse de lanternes fabriquées ces dernières semaines par les associations de lutte contre la pauvreté. Éclairer les quartiers populaires namurois de l’artisanat et la créativité des personnes subissant le trop peu de tout. Mettre en lumières, pour gagner l’énergie de repartir au combat les 364 autres jours par an, et cheminer vers le renforcement de la sécurité sociale, et la suppression du statut cohabitant.
Lisez plus d’informations sur les actions du 17/10 ici: https://www.rwlp.be/1710/
Bruxelles : attention à la conditionnalité accrue et aux jeunes en situation de pauvreté
Sous le slogan « Zut Alors! Des obstacles Encore! », la Plate-forme bruxelloise, en collaboration avec ses sept associations, a organisé un véritable festival pour souligner l'importance de la participation sociale des personnes en situation de pauvreté. Cette participation est trop souvent entravée, voire rendue impossible, par toutes sortes d’obstacles. Cela a été symbolisé dans un acte théâtral par une porte qui fermait littéralement les acteurs aux yeux du public. Afin d'exposer davantage cette exclusion, ces "personnes invisibles" ont apporté des témoignages et des déclarations fortes.

Une vidéo montrait les difficultés d'accès aux services, une boîte de visionnage et d'écoute soulignait l'importance de la participation culturelle, une exposition mettait le doigt sur les obstacles considérables en matière de logement. Dans une bibliothèque vivante, les gens ont raconté leurs histoires personnelles sur leurs expériences, leurs souffrances, sur le marché du logement. Merci à eux.lles de partager leurs expériences et bravo ! Un festival n'est pas un festival lorsque la musique manque..... Il y a donc eu de la musique pour tous les goûts : du hard rock à une chorale et une fanfare. Et en parlant de goût, le studio de cuisine Chez Nous a pris soin des estomacs affamés. En fin de soirée, les flambeaux ont été allumés, en collaboration avec Rendre visible l'invisible, pour mettre en lumière la lutte contre la pauvreté... une belle fin de journée réussie !
Lisez ici pour plus d’informations : https://www.brusselsplatformarmoede.be/nl/17-oktober-2021
Le vendredi 15 octobre, une journée dédiée à la précarité étudiante était organisée par le Forum – Bruxelles contre les inégalités et le Conseil bruxellois de coordination sociopolitique ASBL. 1 étudiant.e.s sur 3 est touché.e par la précarité, ce qui correspond environ à 80 000 étudiant.e.s. Ce chiffre alarmant pose question sur l’avenir de l’éducation. L’objectif de la journée était de discuter des moyens pour lutter contre cette précarité, des stratégies, des méthodes d'accompagnement,…Dans la matinée, des ateliers en petit groupe ont été réalisés pour débattre de situations concrètes. Des services sociaux des hautes écoles, des assistant.e.s sociaux.les de CPAS, des étudiant.e.s, des psychologues, des syndicats, des associations de lutte contre la pauvreté étaient présent.e.s ce qui a permis d’avoir des débats intéressants et enrichissants. Dans l’après-midi, une conférence a eu lieu sur une récente étude menée à l’ULB présentée par Joël Girès et Juliette Paume. Ensuite, un débat s’est déroulé avec Myriem Amrani (CPAS de Saint-Gilles), Nicolas Lonfils (CPAS de Forest), Renaud Maes (Revue Nouvelle), Maxime Michiels (Ligue des familles), Nadia Muller (GARSS HE-ESA) et Lucas van Molle (Fédération des étudiant.e.s francophones). Pour clôturer par la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny.
Lisez ici pour plus d’informations: https://www.le-forum.org/news/118/7/80.000-%C3%A9tudiants-pr%C3%A9caires-
Flandre : Avec les personnes en situation de pauvreté, dessinez les grandes lignes de la participation !
Une condition importante de l'intégration sociale est que les personnes vivant dans la pauvreté doivent pouvoir participer à tous les aspects de la vie. Pour les personnes en situation de pauvreté, les obstacles sont malheureusement nombreux. C'est pourquoi la "participation sociale" est le thème central de la Flandre de cette année.

BAPN s'est rendu à Halle où l'association "Open Armen" a attiré l'attention sur l'accès difficile au monde virtuel qui peut affaiblir encore plus la position des personnes en situation de pauvreté dans l'échelle sociale. En effet, la pandémie de Covid-19 a mis en évidence de nombreux points douloureux de notre société, notamment l'exclusion numérique des personnes socialement vulnérables.
En collaboration avec la municipalité de Sint-Pieters-Leeuw, la ville de Halle, Supported Living, Avansa, CAW Halle-Vilvoorde, Buurtwerk Halle/Groep Intro et RISO Vlaams Brabant, Open Armen y est parvenu grâce, entre autres, à la semaine d'apprentissage Thirteen-Days-Without-Digi Challenge, durant laquelle chacun.e a pu expérimenter ce que signifie être exclu numériquement.
Avec l'exposition "Supprimer l'exclusion numérique", nous nous penchons sur cette question. Au cours de cette exposition, les membres d'Open Arms racontent chacun.e leur propre histoire sur leur expérience de l'exclusion numérique d'une manière artistique. Le résultat est une exposition personnelle et émouvante d'histoires et de faits illustrés. L'expo a été inaugurée par des membres d'Open Armen qui ont raconté leur travail. En outre, nous avons eu un aperçu des problèmes de Samenlevingsopbouw West Vlaanderen, qui est venu expliquer certains de ses projets sur l'e-inclusion. De plus, nous avons eu le plaisir d'être interpellé.e.s par le maire Marc Snoeck (Halle) et l'échevin Hedwig Smeets (Sint-Pieters-Leeuw).
Lisez ici pour plus d’informations: https://netwerktegenarmoede.be/nl/17-oktober-2021