Un accès de plus en plus difficile au revenu d'intégration : les réseaux de lutte contre la pauvreté appellent à une alternative au PIIS et annoncent leurs campagnes pour le 17 octobre.
Bruxelles, le 30 septembre 2021
Pour le Réseau Belge de Lutte contre la Pauvreté, le Projet individualisé d'intégration sociale (PIIS) est l'exemple ultime de la manière dont le revenu d'intégration, dernier filet de sécurité financière pour les plus vulnérables de notre société, devient de plus en plus conditionnel.
Les personnes qui ont droit (et donc besoin !) à un revenu d'intégration doivent, selon les pouvoirs publics, être " accompagnées ". Mais l'accent est de plus en plus mis sur les conditions et le contrôle plutôt que sur l'accompagnement. En conséquence, les bénéficiaires ne ressentent plus l'orientation comme un soutien, mais comme un contrôle. Cette expérience bloque leur progression. Les personnes peuvent même être exclues de leur revenu d'existence par des sanctions, ce qui les privent totalement de ressources financières.
A l'approche du 17 octobre, journée mondiale de lutte contre la pauvreté, les réseaux de lutte contre la pauvreté réunis au sein de BAPN réclament une alternative au PIIS, adaptée aux personnes en situation de pauvreté, et lancent leur publication « Le PIIS : un outil de sanction plus qu’un outil d’accompagnement. »
« La relation entre l'assistant social et un bénéficiaire du revenu d'intégration n'est pas une relation d'accompagnement, c’est un rapport de force. Ils font un PIIS pour que le dossier soit en ordre, puis vous n' entendez rien de leur part et si quelque chose n’est pas en ordre, ils vous sanctionnent. Ce n'est pas de l’accompagnement. C'est de l'infantilisation et ça n’aide pas à ‘responsabiliser’ les gens." (témoignage d'une personne avec un PIIS)
Le contrôle peut conduire à une sanction : la réduction voire la suspension temporaire du revenu d'intégration. Cette sanction coupe les gens de leur toute dernière source de revenus. En outre, la menace d'une sanction est réelle, car le système présente de nombreuses lacunes. Souvent, les personnes ne savent pas qu'elles ont signé un contrat, des conditions irréalisables sont imposées sans soutien, et les conditions tiennent trop peu compte des besoins et des points de vue des bénéficiaires. La menace d'une sanction, qui plane sur la tête des personnes comme une épée de Damoclès, est une source de stress. Elle affecte la relation avec l'assistant social et a un impact négatif sur le processus d'intégration.
«Je savais que si je ne réussissais pas à l'école, je perdrais mon revenu pendant un certain temps. C'est pourquoi je voulais faire des économies, mais j' avais si peu que le seul moyen était de m'affamer. Et à cause de ça, je n'avais pas assez d'énergie pour étudier. » (témoignage d'une personne avec un PIIS)
Pour les réseaux de lutte contre la pauvreté réunis au sein du BAPN, il est essentiel que les droits fondamentaux soient respectés. Caroline Van der Hoeven, coordinatrice de BAPN : « Le droit à l'intégration sociale qui donne accès au revenu minimum (le revenu d'intégration, en d'autres termes) est donc remis en question, car sans ce revenu, il est presque impossible de le réaliser». Les sanctions dans le cadre de l'accompagnement ne doivent pas exister. Les objectifs du parcours d'intégration doivent être basés sur les attentes et les possibilités des ayant-droits, et lorsque celui entame un parcours de chemin vers l’emploi , il doit être durable et de qualité. Par ailleurs, toutes les personnes doivent pouvoir bénéficier d'une protection sociale.
A l'approche du 17 octobre les réseaux de lutte contre la pauvreté réunis au sein de BAPN lancent leur publication « Le PIIS : un outil de sanction plus qu’un outil d’accompagnement. » Avec cette publication, nous donnons la parole aux personnes qui, en tant que bénéficiaires du revenu d'intégration, sont directement confrontées au projet individualisé d'intégration sociale (PIIS). Les solutions efficaces sont mieux développées en collaboration avec le groupe cible. Ils demandent la suppression du PIIS et, en alternative, un instrument d'orientation visant la réalisation et l'octroi des droits, avec un meilleur accompagnement, adapté au bénéficiaire, basé sur la confiance mutuelle et sans la sanction possible de la suspension du revenu d'intégration.
Contact presse : Caroline Van der Hoeven – caroline.vanderhoeven@bapn.be – 0474/55.96.11
Télécharger le résumé du rapport ici
La campagne du 17 octobre en Wallonie: supprimez le statut cohabitant !
17 octobre 2021, Journée Mondiale de Lutte Contre la Pauvreté – L’enjeu du combat du jour ? la SUPPRESSION du STATUT COHABITANT. Le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP) considère qu’on peut parler de l’organisation d’une injustice contributive, à l’heure où une vraie réforme fiscale ambitieuse est toujours aux oubliettes dans notre pays ! Et que dire de l’injustice sociale dès lors qu’outre appauvrir, ce statut isole plutôt que de solidariser, provoque le mal logement et augmente la pénurie de logement, entrave la colocation, brise des relations familiales, empêche des relations amicales, met à mal l’intergénérationnel, affecte la santé mentale… tous le contraire des essentiels tant réclamés par la base, tous le contraire des enjeux sociétaux majeurs au service desquels un Gouvernement devrait œuvrer.
Ce 17 octobre mettons la pression pour que cessent les pas de géant pour puiser dans la poche des cohabitant.e.s et les pas de souris pour puiser dans la poche des possédant.e.s ! Rendez-vous à Namur pour un 17.10 dans une version plus « light » que d’habitude mais tout aussi forte !
Demander le programme au 081/312117 bureau@rwlp.be
Découvrez le programme sur www.rwlp.be et Facebook « réseau wallon de lutte contre la pauvreté »
Contact presse : Julie Mawet – j.mawet@rwlp.be – 0476/96.95.26
La campagne du 17 octobre en Flandre et à Bruxelles : Donnez l'espace à une véritable participation
Une autre condition importante de l'intégration sociale est que les personnes en situation de pauvreté doivent pouvoir participer à toutes les facettes de la vie. Pour les personnes en situation de pauvreté, les obstacles sont malheureusement nombreux. C'est pourquoi la "participation sociale" est le thème central du "Netwerk tegen Armoede" le 17 octobre prochain. Chacun veut pouvoir être lui-même, développer ses talents, se détendre et faire réellement partie de la société. Les personnes en situation de pauvreté veulent pouvoir déterminer elles-mêmes l'organisation de leur temps, sans que celui-ci soit imposé par d'autres. Souvent, l'idée que les personnes vivant dans la pauvreté doivent "se contenter de ce qu'elles peuvent avoir" est encore présente. Pourtant, la liberté de choix, le fait de pouvoir tracer sa propre voie, est en fait une composante importante de la pleine participation sociale. En outre, les personnes vivant dans la pauvreté demandent également à pouvoir s'exprimer sur la manière dont leur quartier, leur ville, leur municipalité est façonnée. Cela aussi, c'est de la participation sociale.
Il reste cependant du travail à faire. Les personnes en situation de pauvreté sont souvent exclues de la société et ne sont pas entendues par les autres. La crise Covid a exacerbé leur isolement et leur exclusion. Leur réseau, déjà limité, s'est effondré et beaucoup de choses se sont faites par voie numérique. Cependant, ils n'ont pas toujours un accès (suffisant) à l'internet ou les connaissances ou encore les appareils numériques nécessaires.
"Les personnes vulnérables ne demandent rien d’autre, que d'être écoutées et de pouvoir exprimer elles-mêmes leurs besoins et leurs exigences. Mais ils veulent aussi être capables de trouver ensemble des solutions solides. Ce n'est que de cette façon qu’ils pourront participer pleinement et faire partie de la société", déclare Heidi Degerickx, coordinatrice générale du Netwerk tegen Armoede.
Dessinez les contours avec les personnes en situation de pauvreté. Faites de la place pour une réelle participation ! Participez aux actions et activités des 58 associations du Netwerk tegen Armoede le 17 octobre.
Plus d'informations : www.17oktober.be - Facebook, Twitter, Instagram et LinkedIn : Netwerk tegen Armoede Contact presse : Gert Van Tittelboom - gert.vantittelboom@netwerktegenarmoede.be - 0478 395 704